14 juillet 2021

Dans la vallée de la Vesdre, s’il est une date qui restera douloureusement dans les mémoires, c’est bien celle-ci. Ce jour-là, entre autres affres, l’un des deux sites de production de la beurrerie Corman est totalement détruit. Plus de 60 M€ de dégâts, sans compter les pertes de production, un drame qui impacte également les 450 travailleurs. Outre la volonté de reconstruire, il faudra trois années de travail pour que l’activité reprenne un cours normal.

Un aléa statistiquement « improbable » pour nous rappeler l’incertitude que font peser les changements globaux sur le secteur économique.

Une démarche de durabilité plébiscitée par un groupe d’employés

Dans un tel contexte, où la reconstruction absorbe des investissements colossaux et l’engagement des travailleurs, il reste de l’énergie à un groupe d’employés pour structurer une « Green Team », laboratoire à idée en matière de durabilité. Parmi les idées qui fusent, il y a celle de développer la biodiversité sur un versant du site encore peu anthropisé. En créant une mare et quelques aménagements périphériques. À son échelle, l’aménagement biodiversité devient une solution d’adaptation au changement global, une contribution au ralentissement du cycle de l’eau.

Ils se mettent en quête de moyens financiers exogènes, dans le contexte que l’on connaît. Un appel à projets « Biodiversité & Entreprises » du Service Public de Wallonie tombant à point nommé viendra donner corps à leurs intentions.

 

  • Corman : un acte symbolique à la portée particulière…
    S'inspirer
Avant
Après

Deux mares aménagées

En contrebas d’un versant forestier, et à 200 mètres de la Vesdre, l’idée de la création de mares a lentement germé.

Corman a été accompagné par Adalia et l’antenne locale de Natagora pour concevoir un espace composé d’une double mare agrémentée de quelques aménagements : semis fleuris périphériques, pierriers. Deux mares de taille et volume différents pour des dynamiques biologiques différentes : l’une se réchauffera plus vite au printemps, l’autre refroidira moins vite en hiver, et constituera un lieu d’hivernage pour certaines espèces. Un aménagement qui se veut à terme accessible pour les employés, en quête d’un break ressourçant.

En un temps record

Pour la mise en œuvre, l’industriel se tourne vers PlantC, dans un délai très serré dicté par le timing de l’appel à projets. Moins d’un mois plus tard, les mares sortent de terre.

Les pierriers sont constitués à l’aide des pierres extraites durant le terrassement, sans aucun apport extérieur. Un semis de fleurs indigènes est mis en œuvre. Enfin, une barrière en ganivelles de châtaignier est implantée : celle-ci permettant le risque de noyade sur ce site visible depuis la voie publique, tout en permettant la mobilité de la petite faune de par son écartement.

Plus qu’à attendre le redoux de 2026, pour voir le semis fleuri se déployer, et les amphibiens, odonates coloniser lentement mais sûrement le site.

« Une action symbolique », « Non prioritaire » pourraient encore dire quelques tristes sires. Mais ce sont parfois les actes en apparence les plus symboliques qui portent en eux le germe d’un changement profond.

Job is done

 

 

 

 

 

 » Avoir une idée est une première étape indispensable, mais être soutenu comme nous l’avons été par la Wallonie, Natagora, Adalia et PLANTC est le facteur X qui nous a permis de transformer notre énergie en une réalisation concrète. Vive les grenouilles 🐸 « .

Olivier ROISEUX – Business developper chez Corman

Mare

  • Période plantation / installation
    2025
  • Nombre de mares
    2
  • Surface
    100 m²
  • Naturelle / artificielle
    Artificielle