Les modes de dissémination des graines

La graine est le résultat de la reproduction sexuée chez les végétaux. Les ovules contenus dans la fleur sont fécondés par des grains de pollen. Et hop ! Voilà une graine qui contient et protège un embryon végétal.

La graine est un futur individu en dormance. Selon les espèces, elle peut passer plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années à attendre les conditions favorables pour germer.

Pour assurer leur dispersion et la pérennité de leur espèce, les plantes ont développé différentes stratégies. Certaines utilisent le vent, d’autres la gravité, l’eau ou encore les animaux. Chaque mode de dispersion porte un nom écologique bien spécifique. Nous voulions vous les faire découvrir !

 

Anémochorie

Les graines transportées par le vent sont généralement petites et légères. Elles possèdent souvent des adaptations comme des ailes, des aigrettes ou des poils qui leur permettent de planer. On retrouve par exemple les samares des frênes ou des érables, l’akène du pissenlit ou encore la graine capsulée en forme d’ailes du tilleul. Mais, vous voyez, ces hélicoptères qu’on essaie d’attraper en plein vol !

Dès le premier coup de vent, les graines s’envolent sur des plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de mètres !

Zoochorie

Les animaux peuvent disperser les graines de manière passive : lorsque les graines ont des mécanismes spécifiques pour accrocher aux poils, aux plumages ou encore être appétant (sous forme d’un fruit charnus) pour être transporter par l’animal à l’intérieur même de son système digestif. Par exemple les renards, les martres sont consommateurs de ces fruits charnus.

La dispersion peut aussi se dérouler de manière active ! Par exemple le geai des chênes sont des oiseaux qui trient et stockent les glands de chênes pour se faire des réserves afin de passer la saison hivernale. Le geai participe ainsi à la reforestation des forêts car elles ne sont pas toutes retrouvées par l’animal : il peut en disséminer près de 6000 par an. 

Avec ce type de dispersion, les graines peuvent se retrouver jusqu’à 1,5km de l’arbre mère !

anthropochorie 

Zoochorie mais c’est l’Humain comme vecteur. L’être humain transporte lui aussi les graines, volontairement ou non.

Par les activités agricoles, les échanges commerciaux, les vêtements, les véhicules ou encore les semis, il participe largement à la dispersion des espèces végétales.

Exemple de plantes propagées par les armées : l’ambroisie à feuilles d’armoise : Introduite massivement en Europe via les flots de troupes et les grains de fourrage des chevaux lors des conflits mondiaux.
Malheureusement, cela peut aussi participer à l’émergence des espèces exotiques envahissantes, car notre mobilité n’est pas la même qu’à l’époque de Néandertal. Mais ceci, est un autre débat.

Hydrochorie

Comme son nom l’indique, l’hydrochorie représente la dispersion par l’eau ou la pluie. L’eau peut être un moyen de transport comme pour les graines de l’iris jaune, du saule ou encore les noix de coco dans un biome plus tropical. La pluie peut aussi être le déclencheur de la germination de la graine chez de nombreuses espèces de mousses et de fougères.

Autochorie

Les graines sont dispersées par un mécanisme que l’espèce créé elle-même, généralement auto-éjection mécanique. Des gousses ou des cosses se forment et s’assèchent tellement qu’elles en éclatent au moindre frottement et se dispersent sur un périmètre relativement proche de la plante-mère. Le genêt à balai disperse ses graines de cette façon.

Barochorie

Ici, aucun intermédiaire.

La barochorie est un mode de dispersion des graines par gravité, dans lequel les graines parfois portées dans des fruits lourds tombent directement au sol, à proximité de la plante-mère. Les glands des chênes en sont l’exemple le plus parlant.

Ces stratégies favorisent l’atteinte d’environnements propices à la germination des graines, dont les conditions sont propres à chaque espèce. Cette dispersion va du pied de la plante-mère et jusqu’à plusieurs kilomètres de celle-ci. Plus on s’éloigne, plus l’espèce minimise la compétition entre les jeunes pousses.

Et ne l’oublions pas : la graine assure la pérennité de la plante, sa longévité, en contenant son patrimoine génétique.

 

Le saviez-vous ?

Une simple haie champêtre rassemble des espèces utilisant plusieurs stratégies de dispersion : le vent, les oiseaux, les mammifères, l’eau… En restaurant les haies, nous ne plantons pas seulement des arbres : nous recréons aussi les conditions permettant aux plantes de se propager naturellement et de renforcer les continuités écologiques.

Sources

La vie secrète des graines, Ligue de la Protection des Oiseaux, (2024) : https://ww    w.lpo.fr/la-lpo-en-actions/mobilisation-citoyenne/refuges-lpo/les-15-gestes-refuges/mosaique-15-gestes/les-15-gestes-refuges-pour-proteger-la-biodiversite/je-favorise-l-acces-aux-ressources-alimentaires-naturelles-pour-la-faune-sauvage/la-vie-secrete-des-graines

Les disperseurs des arbres, Nathalie FRASCARIA-LACOSTE, MOOC UVED (2023) : https://www.uved.fr/fileadmin/user_upload/Documents/pdf/Transcriptions/Arbres/MOOC_UVED_Arbres_Transcription_Frascaria.pdf

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