Vendredi, 27 février 2026. Il est 19h lorsque les bénévoles ont décidé de se rassembler au point de rendez-vous. La température dépasse 7 degrés, il pleut ce qu’il faut, le vent est très faible. Le combo idéal pour les Amphibiens en plein déplacement (pour se reproduire, mais pas que !). Certains membres de l’équipe PlantC étaient présents ! On vous raconte.
Petit rappel
Les Amphibiens sont une classe de vertébrés. Étymologiquement veut dire « deux vies » c’est-à-dire qu’un amphibien passe sa vie dans 2 éléments : l’un aquatique, l’autre terrestre.
Cette classe est constituée de 3 ordres dont nous nous focaliseront sur 2 principaux : les Anoures (crapauds et grenouilles) et les Urodèles (tritons et salamandres). On parle aussi des Batraciens lorsqu’on regroupe ces 2 ordres.
Nos vedettes belges
Nous retrouvons en Belgique la grenouille rousse, verte, le crapaud commun, calamite, accoucheur,…La salamandre terrestre, et plusieurs espèces de Tritons (palmé, alpestre, ponctué, crêté, …).
Malheureusement, aujourd’hui, les Amphibiens représentent la Classe de Vertébrés la plus menacée d’extinction.
Sauvetage ? Pour quelles raisons ?
Tout d’abord, contrairement à ce qu’on peut croire, les batraciens ne vivent pas toute leur vie dans l’eau. L’écosystème aquatique sert majoritairement à se reproduire. Ensuite, pour certains, ils retournent en forêt, bocages, prairies ou jardins ! Nuance toutefois que pour certaines espèces, leur déplacement est limité car elles séjournent à proximité immédiate du lieu de reproduction. Mais pour d’autres espèces, ce déplacement est significatif (parfois 4 km !).
En sortie d’hiver, vers février, les individus sortent de leur torpeur et partent à la conquête…dans tous les sens du terme !
Mais pourquoi les aider à faire cette traversée ? Ce n’est pas Compostelle non plus ! Cocher la bonne réponse, choix multiple possible !
Dégradation des habitats de ces animaux.
Le changement climatique.
Les virus, les champignons, les microbes dont les amphibiens sont pris pour hôtes. Une mort assurée.
Concurrence avec les espèces exotiques.
En outre, Natagora cite : « lors de la migration des batraciens, en raison du trafic automobile, 90% des individus sont tués ».
Nous sommes donc témoins aujourd’hui de l’extinction en masse de ces espèces, même la plus « banale », le crapaud commun.
Participer à un sauvetage ne s’improvise pas !
A quatre, nous avons pu permettre à une soixantaine d’individus d’être sauvés. Nous étions une bonne quinzaine ce soir-là, certains en famille. Certains bénévoles sont retournés sur place les jours suivants : peu de mortalité à constater ! Victoire !
Nos observations ont été communiquées à l’organisateur qui encode tout cela sur un site de science participative observations.be (page dédiée à l’encodage).
Quelle émotion intense, quel émerveillement !
L’union fait la force : avec nos fluo, lampes et effet de masse, les automobilistes ont été majoritairement compréhensifs et ralentissaient !
Un sauvetage, ça ne s’improvise pas ! Attention, respectez les consignes de sécurité et de ramassage en contactant l’organisateur-bénévole du sauvetage choisi ! Souvent, des groupes sur les Réseaux Sociaux sont organisés. Renseignez-vous !
Et c’est tout ?
Non. Vous comprenez maintenant pourquoi nous décidons de recréer des éléments linéaires comme des haies, nous reboisons nos forêts et nous favorisons le maillage écologique : cela permet une libre circulation des espèces !
En outre, nous recréons des zones humides et notamment des mares afin d’accueillir ces espèces et favoriser leur reproduction !
Un grand merci
Merci à Mathis Massart, naturaliste, photographe animalier et bénévole au sauvetage pour le partage de ses photos !








