Le frêne est un arbre emblématique de nos campagnes, de nos haies et de nos forêts. Pourtant, depuis plusieurs années, il est gravement touché par une maladie appelée chalarose. Cette maladie est causée par un champignon qui se propage par les spores transportées par le vent.
Qu’est-ce que la chalarose ?
La chalarose du frêne est causée par un champignon originaire d’Asie, Hymenoscyphus fraxineus.

Apparue en Europe dans les années 1990, elle s’est rapidement propagée à travers le continent. En Belgique, les premiers cas ont été observés au début des années 2010. Le champignon infecte principalement les feuilles avant de progresser dans les branches et le tronc. Les symptômes les plus fréquents sont :
- le dessèchement des feuilles ;
- des nécroses sur les rameaux ;
- la mort progressive des branches ;
- l’apparition de rejets au pied de l’arbre ;
- des nécroses au niveau du collet ;
- un affaiblissement général qui peut conduire à la mort du sujet.
Les jeunes arbres sont particulièrement vulnérables, mais même des frênes adultes peuvent être gravement affectés.
Pourquoi cette maladie est-elle préoccupante ?
Le frêne joue un rôle important dans de nombreux écosystèmes wallons et belges.
Ses feuilles nourrissent de nombreuses espèces d’insectes. Ses cavités accueillent oiseaux, chauves-souris et petits mammifères. Son système racinaire contribue également à stabiliser les berges et à limiter l’érosion.

La disparition massive des frênes entraîne donc plusieurs conséquences :
Une perte de biodiversité
De nombreuses espèces dépendent directement ou indirectement du frêne. Leur habitat se réduit à mesure que les arbres dépérissent.
Une fragilisation des paysages
Les alignements d’arbres, les haies et les forêts changent progressivement de visage. Certaines zones perdent en diversité végétale et en résilience écologique.
Des risques pour la sécurité
Les arbres malades deviennent plus fragiles. Les branches peuvent tomber et les troncs se dégrader, ce qui nécessite parfois des interventions de sécurisation dans les espaces publics et privés.
Peut-on sauver les frênes ?
La chalarose affecte fortement les frênes en Europe depuis plusieurs années. Pourtant, les épisodes récents de chaleur et de sécheresse semblent avoir contribué à freiner la progression de la maladie dans certaines situations (voir carte ci-dessous).
Mieux encore, certaines espèces proches, comme le Fraxinus ornus, naturellement présent dans les régions Est-méditerranéennes, montrent une meilleure résistance.

Les observations menées dans toute l’Europe montrent qu’une petite proportion de frênes présente une résistance naturelle à la maladie. Ces individus constituent aujourd’hui un espoir pour les programmes de conservation et de sélection.
Cependant, aucune solution miracle ne permet actuellement d’éradiquer la chalarose à grande échelle.

L’approche la plus efficace consiste à :
- surveiller l’état sanitaire des arbres ;
- conserver les individus résistants ;
- diversifier les plantations ;
- restaurer des écosystèmes plus résilients face aux maladies et au changement climatique.
Diversifier pour mieux résister
La chalarose met en lumière une réalité souvent sous-estimée : les écosystèmes diversifiés résistent mieux aux crises.
Lorsqu’un paysage repose fortement sur une seule essence d’arbre, une maladie peut rapidement provoquer des dégâts importants. À l’inverse, des haies mixtes, des vergers diversifiés ou des plantations composées de plusieurs essences offrent une meilleure capacité d’adaptation.
C’est pourquoi les projets de restauration écologique cherchent aujourd’hui à favoriser :
- les haies plurispécifiques ;
- les corridors écologiques ;
- les vergers hautes tiges ;
- les plantations agroforestières ;
- les reboisements diversifiés.
Cette approche bénéficie à la fois à la biodiversité, au stockage du carbone et à la résilience des territoires.
Agir ensemble pour des territoires plus résilients !
En savoir plus :
Si vous voulez en savoir plus sur la chalarose, nos vous invitons à visiter le site de l’INRAe: