Une démarche agroécologique déjà bien installée
Guillaume est l’agronome et l’agriculteur en charge de ce projet. Ce dernier gère toutes ses terres selon des principes d’agroécologie :
- Sols couverts toute l’année, ou au maximum quatre semaines sans couverture.
- Réintroduction d’animaux : un troupeau d’ovins est invité annuellement pour valoriser les couverts végétaux.
- Maximisation du recours aux intrants organiques uniquement, pour nourrir les sols naturellement.
- Plantation de haies et d’arbres, pour recréer du paysage et des habitats naturels.
Son objectif : restaurer la santé des sols, augmenter la biodiversité et réduire l’érosion.
Des cultures locales, résilientes et porteuses de sens
Les terres agricoles sont valorisées de la manière suivante :
- Orge brassicole, stocké au sein d’une coopérative locale et prévu pour la malterie pour être à terme en partie utilisée pour le brassage de la bière du village.
- Pois de conserverie, vendus à une conserverie locale.
- Lin pour une production de fibres textiles.
- Colza valorisé pour la production d’huile alimentaire.
- Chicorées pour la production de fibres alimentaires nobles, en notamment en remplacement du sucre,
- Blé panifiable à destination de boulangers wallons,
- Épeautre à destination de boulangers wallons
- Maïs grain, moins rentable mais essentiel pour améliorer le taux de matière organique des sols. En ce sens, un objectif a été fixé: augmenter la matière organique de 1% sur 10 ans. Le gain majeur ? Augmentation de la capacité de rétention en eau par le sol, plus de 20 L d’eau retenus par m² de sol.
Ces chiffres sont mesurables et validés par plusieurs méthodes agronomiques. La rotation culturale (dont le maïs grain) est l’un des leviers essentiels. Explique Guillaume.
Un agriculteur local transforme un problème d’érosion en opportunité pour le territoire
Depuis quelques années, ce paysage s’est mis à glisser. Littéralement. La commune de Hannut fait face à 16 zones sensibles sujettes aux coulées de boue et aux ruissellements.
Le jour où la boue est entrée dans les maisons : un jour en période d’intenses pluies, l’eau s’est mise à dévaler, chargée de sédiments formant une boue épaisse. En quelques instants, les caves et rez-de chaussées des habitations en aval ont été submergés. Une quarantaine d’habitants ont vécu ce que l’on appelle un flash flood ou crues éclairs. Ce sont des inondations soudaines provoquées par des précipitations intenses et de courte durée — mais pour eux, ce n’était ni un concept, ni un mot d’expert : c’était leur quotidien balayé.
La commune prévoyait initialement la construction d’une digue composée de ballots et d’un remblai de terres sur une zone en amont. Parmi cette zone, une parcelle dont Guillaume s’occupe.
Mais en échangeant avec un agriculteur voisin, une évidence est apparue : il fallait une solution plus vertueuse, mieux intégrée au territoire.
“On peut faire mieux.”
Cet agriculteur, installé ici depuis son enfance, a vu le village changer. Il se souvient de l’époque où dix fermes animaient le bourg. Et depuis des années, il cultive selon une conviction profonde : une terre vivante protège tout ce qui vit autour d’elle.
En discutant avec la cellule érosion de Natagriwal, une idée a émergé :
Et si, au lieu d’une digue, on recréait un paysage qui laisse l’eau circuler naturellement ?
La combinaison d’une prairie permanente d’une part comme un tapis végétal retenant les pluies et de mares tampon d’autre part, contribuant au ralentissent de l’eau, en la tempérant, la redistribuant, la stockant et l’infiltrant. La commune a étudié le projet, et lorsque Natagriwal a confirmé sa pertinence, le permis a été accordé. Non pas pour contrebalancer la nature. Mais pour recomposer avec elle.
Un paysage qui devient une solution
Aujourd’hui, ce projet n’est plus seulement un projet agricole. Nous parlons d’un futur puits de biodiversité, un espace où l’eau retrouve son rythme, où les sols regagnent de la matière organique, où chaque mètre carré de terre retient mieux l’humidité.
C’est aussi un projet social : Les habitants, concernés par ces coulées de boue, espèrent y trouver une solution durable et innovante, suivront l’évolution de ce lieu avec intérêt, poseront leurs questions. Et pourquoi pas, renoueront avec l’agriculture.
Le projet techniquement parlant
Il s’agit de creuser 3 mares tampon (régulatrices de crues) en milieu agricole dans la Commune de Hannut. Les mares tampons placées en aval du sous bassin versant permettront de ralentir, infiltrer, stocker et évaporer les eaux de ruissellement afin de réduire et modérer les écoulements vers le village en aval.
Ce projet est mené en partenariat avec Natagriwal.
De formes circulaires ou elliptiques, la première mare fera approximativement 350m², la deuxième 180m² et la troisième 380 m².

Les mares tampon se composent d’une partie en eau permanente (mare permanente) et d’une zone tampon. En d’autres termes : la mare permanente se situe dans le fond et sera a priori toujours sous eau et sera surmontée/entourée par une zone tampon qui ne se remplit qu’en cas de forte pluie.
Les déblais sont gérés localement : ils seront étalés sur les abords, en forme de digue, au point le plus bas. L’enjeu est de damer correctement les digues de retenue. Aucune couche imperméable pétrosourcée ne sera utilisée. Uniquement l’argile présente sur les lieux.
Enfin, des pierriers seront installés à proximité de l’eau pour accueillir l’herpétofaune locale.

Bon à savoir
Pour compléter le dispositif, d’autres éléments régulateurs basés sur la Nature ont été intégrés. En effet, alors que les mares tampons régulent et temporisent les débits de ruissellement venant de l’amont. Des haies et bandes enherbées joueront aussi un rôle crucial en favorisant l’infiltration de l’eau et en réduisant l’érosion diffuse. Des haies sont déjà existantes et une autre sera à planter (ce poste est géré par l’agriculteur lui-même qui bénéficiera de la prime publique). Bien que PlantC ne soit pas à la manœuvre, il est important pour nous de considérer la globalité du projet.

Et maintenant, c’est une histoire qui peut s’écrire à plusieurs
Ce projet est la preuve qu’une ferme peut être bien plus qu’un lieu de production. Elle peut devenir un outil de résilience, un laboratoire vivant, un pont entre une commune et son histoire.
Les entreprises qui soutiennent cette démarche ne financent pas seulement des mares, des haies ou des prairies. Elles participent à quelque chose de plus grand :
- soutenir un territoire qui se protège,
- participer à une solution concrète contre l’érosion et les coulées de boue,
- améliorer la résilience hydrique du territoire
- soutenir une agriculture régénérant son milieu,
- renforcer la biodiversité locale,
- et s’associer à un projet humain porté par un agriculteur engagé.
Il est temps de transformer nos grands concepts théoriques urbanistiques, à forte inertie, en actions tangibles. Ce projet marque déjà une avancée majeure, un premier pas. Nous nous engageons à en faire le point de départ d’une série d’initiatives ambitieuses et concrètes.
Et si vous écriviez la suite avec nous ?
On l’écrira ici….
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Un projet environnemental exemplaire à HannutParticiper à ce projet
Mare
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Période plantation / installation2026
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Nombre de mares3
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Surface900 m²
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Naturelle / artificielleNaturelle


